LA PRÉVENTION DES IST DONT LE VIH ET DES HéPATITES AUPRÈS DES PERSONNES LGBT EN CONTEXTE AFRO-CARIBÉEN.

Guide pour l’acteur de prévention

Pourquoi une telle différence dans le niveau de prévalence en population générale et chez les HSH ?

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    18 fois plus
    de risque de
    transmission
    d’infection
    au vih

    La composition physiologique des tissus concernés est telle que les rapports sexuels anaux non protégés, en particulier réceptifs, comportent environ 18 fois plus de risque de transmission d’infection au VIH que des rapports sexuels non protégés à pénétration vaginale (Baggaley, 2010) 1. Par ailleurs la variété et la fréquence des rapports sexuels constituent un autre facteur d’exposition au VIH. Surtout, à comportement égal, avoir des relations sexuelles dans un groupe ayant une forte prévalence au VIH (un nombre élevé de personnes infectées) expose mécaniquement davantage les personnes au VIH.

    Mais la physiologie et les comportements individuels n’expliquent pas tout : aux USA, les HSH noirs sont plus exposés au VIH que les HSH blancs alors qu’ils ne déclarent pas plus de comportements sexuels à risque. En Afrique et dans les Caraïbes, la prévalence du VIH chez les HSH est plus importante dans les pays pénalisant les relations homosexuels que dans les autres.
    La discrimination des HSH est un frein considérable à la mise en œuvre de programmes ciblés dans de nombreux pays. A titre d’exemple, la distribution de préservatifs aux personnes détenues ne peut pas être envisagée lorsque l’homosexualité est pénalisée.

    Surtout, « lorsque la vie de beaucoup de MSM est caractérisée par la violence et le rejet, (…) les comportements visant à rechercher des soins pour les symptômes d’IST s’entourent souvent de retard et dissimulation » (Niang et al., 2010) 2.

    Les comportements préventifs sont aussi moins aisés à mettre en œuvre dans le contexte d’une sexualité cachée. Ainsi, une étude réalisée en 2010 au Sénégal auprès de 489 HSH montre que le premier facteur associé à la non-utilisation du préservatif est le fait d’avoir un rapport dans un espace public (cinéma, parc, etc.). Les hommes se protègent en effet 6 fois plus lorsqu’ils ont un rapport dans un espace privé (Larmarange et al., 2010) 3.

    En France

    Les HSH et les personnes originaires d’Afrique Subsahariennes sont les deux groupes les plus exposés au VIH. Depuis 2012, des données de différentes natures éclairent la situation des HSH Afro-caribéens en France :

    • Selon les résultats de la première enquête réalisée auprès des populations afro-caribéennes en Ile-de-France en 2011 4 (4 044 questionnaires), 5% des répondants déclarent avoir eu au moins un partenaire sexuel du même sexe dans les 12 derniers mois. Par ailleurs, l’ensemble des répondants déclare avoir eu plusieurs partenaires en moyenne sur la même période.
    • Le rapport relatif aux dépistages rapides réalisés par l’association Aides pour l’année 2012 indique une prévalence de 1.8% chez les HSH caucasiens (blancs) mais de 3% chez les HSH Afro-caribéens.

    Au vu de ces résultats et considérant que les relations entre personnes de même sexe sont généralement sous-déclarées, les acteurs de prévention ne peuvent plus considérer que l’homosexualité ne concerne pas les communautés afro-caribéennes.

    Notes

    1. Baggaley R.F., HIV transmission risk through anal intercourse : systematic review, meta-analysis and implications for HIV prevention, Int J Epidemiol. 2010 August; 39(4): 1048–1063.
    2. Niang et al., Satisfaire aux Besoins de Santé des Hommes qui ont des Rapports Sexuels avec d’autres Hommes au Sénégal, Institut des Sciences de l’Environnement, Université Cheikh Anta Diop, Conseil National de Lutte Contre le SIDA (CNLS), Horizons Program 2010.
    3. Larmarange J, Wade A S, Diop A K, et al., ELIHoS Group Men Who Have Sex with Men (MSM) and Factors Associated with Not Using a Condom at Last Sexual Intercourse with a Man and with a Woman in Senegal, PLoS One, 2010
    4. L’Afrobaromètre a été réalisé par Afrique Avenir en partenariat avec l’Inpes et Sidaction.
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