LA PRÉVENTION DES IST DONT LE VIH ET DES HéPATITES AUPRÈS DES PERSONNES LGBT EN CONTEXTE AFRO-CARIBÉEN.

Guide pour l’acteur de prévention

Lymphogranulomatose vénérienne

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    Les Infections Sexuellement Transmissibles se transmettent très facilement.
    Il n’y a pas toujours de signes visibles. Pour savoir si l’on est ou non atteint d’une IST, il est important de se faire dépister.
    La plupart d’entre elles se soignent facilement mais, non traitées, elles peuvent entraîner de graves complications.
    Les IST fragilisent les muqueuses et augmentent considérablement le risque de contamination par le virus du sida.
    Inversement, si on est atteint par le virus du sida, les IST peuvent être plus graves et compliquer le traitement.

    LGV

    Lymphogranulomatose vénérienne

    La LGV ou maladie de Nicolas-Favre est due à une bactérie de la famille des Chlamydiae.  Maladie tropicale, endémique dans certaines régions d’Afrique, en Amérique centrale et du Sud, et dans les Caraïbes, l’infection à Lymphogranuloma venerum a fait son apparition en Europe en 2003 et se rencontre principalement chez HSH.

    Transmission

    • Elle peut se faire lors des rapports sexuels de pénétration non protégée vaginale ou anale
    • L’éjaculation n’a aucune influence dans la transmission
    • La pratique du «fist-fucking» (pénétration de l’anus avec le poing) semble être un mode de transmission fréquent de la LGV

    symptômes

    Le délai d’incubation varie de 2 à 60 jours, en moyenne 20-25 jours.
    La LGV évolue classiquement en 3 phases :

    Phase primaire

    A l’issue de l’incubation, apparaît une lésion de type papule (bouton surélevé) ou vésicule (comme une lésion élémentaire d’herpès, donc avec du liquide dedans), qui va secondairement s’ulcérer (donc faire un trou).
    Cette lésion est indolore et transitoire. Elle passe presque toujours inaperçue. Sa localisation est souvent profonde (col de l’utérus, urètre, rectum). Elle peut être confondue avec la syphilis (ulcérations plus grosses).

    Phase secondaire

    Elle est précoce et apparaît 1 à 2 semaines après l’apparition de la 1ère lésion.
    Elle comporte des adénopathies – gros ganglions douloureux – habituellement multiples (différence avec la syphilis, où il y a souvent un seul ganglion). Ces ganglions évoluent vers la fistulisation à la peau (perforations par lesquels va s’écouler le pus vers l’extérieur).  Particularité : un ganglion va généralement produire plusieurs fistules, d’où l’aspect classique en « pomme d’arrosoir ».

    La phase secondaire de la LGV peut également provoquer une anorectite aigüe (inflammation du rectum et de l’anus) caractérisée par :

    • des douleurs rectales
    • un ténesme (contracture douloureuse du rectum avec sensation de brûlure, envie constante d’aller à la selle)
    • des «faux besoins»
    • et un écoulement purulent plus ou moins hémorragique

    Phase tertiaire

    En l’absence de traitement, l’infection peut devenir chronique avec apparition d’un rétrécissement du rectum et de fistules périnéales. L’aspect peut prendre, à cette phase, la forme de tumeurs trompeuses pouvant faire croire à un cancer.

    Dans certains cas il n’y a pas de symptômes particuliers.

    Complications

    Elles sont devenues rares, car les patients sont plus sensibilisés aux IST et que les traitements antibiotiques sont efficaces.
    Devant une suspicion de LGV il faut proposer un dépistage des autres IST :
    VIH, syphilis, hépatite B, gonococcie.

    dépistage / diagnostique

    La LGV n’a pas de symptomatologie spécifique. Les phases primaires et secondaires peuvent évoquer d’autres maladies.
    Pour le diagnostic de la LGV la recherche de Chlamydia trachomatis par PCR est primordiale.

    Les prélèvements se font :

    • par écouvillonnage (en frottant la lésion ou le pus à l’aide d’une sorte de «coton tige»), des lésions péri-anales (chancre),
    • sous anuscopie ou sous rectoscopie lorsqu’il existe une anorectite (inflammation de l’anus et du rectum),
    • ou par ponction (ganglion).

    traitement

    Il faut traiter sans attendre les résultats. Le traitement est plus long que pour les chlamydioses, il n’y a pas de traitement « minute ».

    Antibiothérapie pendant 3 à 4 semaines.
    Parfois chirurgie des complications locales.

    Doivent également être dépistés et traités les partenaires ayant eu des contacts dans les 60 jours qui ont précédé le début des manifestations cliniques, même en l’absence de symptômes.

    Les patients doivent normalement être suivis jusqu’à l’obtention d’un résultat de test négatif de contrôle par PCR environ 3 à 4 semaines après la fin du traitement et leur rétablissement clinique.

    Tant que la maladie est active, le malade est contaminant. La personne n’est plus contaminante lorsque le résultat du test de contrôle devient négatif environ 3 à 4 semaines après la fin du traitement et quand il n’a plus de symptômes.

    Où consulter pour une IST ?

    Il existe plusieurs possibilités :

    aller voir son médecin traitant : il pourra soigner une maladie en cours, proposer un dépistage adapté, ou orienter vers un spécialiste si nécessaire
    les femmes qui sont suivies par un gynécologue peuvent l’interroger sur les IST
    les dermatologues sont également les spécialistes des IST
    dans chaque département, il existe des centres de diagnostic et de traitement des IST, dans lesquels les consultations sont gratuites (ainsi que les traitements notamment pour les personnes qui n’ont pas de couverture sociale) :

    • les CDAG (Consultations de dépistage anonyme et gratuit)
    • les CIDDIST (Centres d’information, de dépistage et de diagnostic des IST)
    • les CPEF (Centres de planification et d’éducation familiale)

    Pour localiser le centre de dépistage le plus proche :
    www.sida-info-service.org ou 0800 840 800 (anonyme, confidentiel et gratuit)

    Pour en savoir plus, consulter le document VIH/IST, dépistage – Informations et ressources pour les professionnels de santé.

    Pour aller
    plus loin

    Le LGV, par Dr Réjean Thomas
    La clinique L’Actuel

    Le LGV, ou lymphogranulome vénérien, également appelé la maladie de Nicolas-Favre, est une infection transmissible sexuellement. Le pathogène du LGV est chlamydia trachomatis. La plupart des souches ne donnent qu’une infection superficielle de la peau, mais certaines peuvent provoquer une infection généralisée…

    Prévenir les ITSS, par Dr Réjean Thomas
    Clinique L’Actuel

    Les infections transmissibles sexuellement ou par le sang, ou ITSS, anciennement nommées MTS (ou MST en France), sont des infections causées par des virus ou bactéries qui se transmettent lors de relations sexuelles avec une personne infectée.

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