LA PRÉVENTION DES IST DONT LE VIH ET DES HéPATITES AUPRÈS DES PERSONNES LGBT EN CONTEXTE AFRO-CARIBÉEN.

Guide pour l’acteur de prévention

Genre

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    Définition

    Le mot genre 1 est employé dans plusieurs domaines, de façon plus ou moins précise dans ses définitions :

    • En grammaire et en linguistique, le genre est un trait grammatical répartissant les mots entre masculin, féminin et neutre.
    • En sciences sociales et en médecine, le concept de genre fait références aux différences non biologiques/anatomiques (psychologiques, mentales, sociales, économiques, démographiques, politiques…) distinguant les hommes et les femmes.

    Pour aller
    plus loin

    Pour aller plus loin, du point de vue des sciences sociales, le genre est un processus dynamique d’organisation du social en deux catégories hiérarchisées et complémentaires.

    Il détermine la socialisation des corps : comment on devient idéalement un homme ou une femme « normal- e », ou comment on s’écarte de ce modèle.
    Il organise les rapports de pouvoir entre les hommes et les femmes et leur attribue des qualités et rôles a priori différenciés : les femmes sont dévolues au soin et à la protection par exemple.
    Il influe sur les relations sexuelles, affectives ou économiques, notamment le travail : les hommes médecins décident des soins, les femmes infirmières exécutent.
    La norme qu’il véhicule valorise l’hétérosexualité procréative au détriment d’autres sexualités.
    Il participe à la représentation du « bien être », de la « bonne santé » et de la « maladie » de manière différente suivant le sexe.

    Les termes Sexe et Genre, s’ils sont parfois utilisés comme synonymes, sont pourtant bien distincts :
    « Comme l’âge, le sexe est un marqueur d’appartenance à un groupe social : c’est une catégorie  descriptive 2. »
    Le sexe permet de décrire le social (analyser les différences selon le sexe), tandis que le genre permet de comprendre le social.
    « Le genre organise des pratiques quotidiennes et des idées partagées par tout le monde : les normes du genre nous obligent tout-te-s à devenir homme ou femme, c’est-à-dire à marcher comme ci, à parler comme ça, à préférer telles couleurs, tels plats, tels partenaires sexuels, à éprouver de la peur dans telles circonstances mais pas dans telles autres, bref d’avoir toujours à faire en sorte d’avoir l’air d’être ce que nous sommes supposé-e-s être « naturellement », à ressentir les émotions qu’un « instinct » bien intégré nous dicterait 3 »

    Mais le genre est dynamique, il évolue au cours du temps et suivant les sociétés. Par exemple en France le mariage des personnes de même sexe, impensable il y a encore quelques années, s’inscrit aujourd’hui peu à peu dans la norme de genre des démocraties occidentales.

    En savoir + sur le site GenERe (Genre: Epistémologie & Recherches), un laboratoire de jeunes chercheurs lyonnais ayant pour but de favoriser les échanges et la diffusion de savoirs liés au genre).

    Notes

    1. Le contenu de cette partie s’appuie principalement sur le document Renforcer l’approche genrée dans la promotion de la santé (2013) produit par l’association Frisse
    2. Clair I., Sociologie du genre, Paris : Armand Colin, coll. « 128 », 2012, p. 8.
    3. Clair I., Sociologie du genre, op. cit., p. 9.
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